Hell'ho.

Hell'ho.
Son regard se planta dans le mien. Elle me fixa de ses yeux d'ébène. Noirs comme le jais, ils me terrifiaient de beauté, mais me fascinaient tout autant. Curieusement, sa crinière était rousse. Elle ondulait gracieusement sur son cou, caressant sa nuque frêle avec une poésie troublante. Je passai ma main dans ses cheveux. Elle ne souriait toujours pas. Je reculai d'un pas. Nous étions là, face à face, perdus devant l'instant. Elle s'avança vers moi. D'un pas léger, son corps se serra au mien. Lentement, ses lèvres s'approchèrent de mon visage. Mes yeux se fermèrent, mes paupières tremblaient. Le souffle rauque, j'attendais. Sa bouche était à un centimètre de la mienne. Ses yeux que je savais ouverts me fixaient. Le parfum de ses cheveux droguait mes sens. Et puis soudainement, elle glissa son cou contre le mien. Ses lèvres étaient maintenant à mon oreille. Doucement, comme si chaque mot pesait le poids du temps passé à jouer ensemble... Les sons se détachèrent un à un, comme une torture exquise.
« Je ... te ... hais. »
Je ne pus m'empêcher de sourire. J'ouvris les yeux. Elle était maintenant revenue face à moi. Avec son joli air enfantin de démon. Je glissai mes doigts autour de son cou. Elle ferma les yeux. Avec une douceur qui m'était jusque ici inconnue, je plaquai mes lèvres contre les siennes. Par ce baiser, j'arrachai toute la haine que contenaient nos coeurs.. Non pas pour qu'elle disparaisse ; au contraire. Je cueillais la haine, la retournais dans mon âme jusqu'à ce qu'elle se mélange à l'amour. Et je lui rendais le désir en échange. Passionnément, je la haissais. Fougueusement, je la désirais. Evidemment, que je l'aimais.

# Online seit Freitag, 01. Mai, 2009 um 10:24

Geändert am Sonntag, 19. Juli, 2009 um 09:06

La Courbe de tes yeux

La Courbe de tes yeux



“ La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards. ”


Paul Eluard, Capitale de la douleur, (1926)

# Online seit Freitag, 01. Mai, 2009 um 11:17

Conventionnal stuff.

Nouveau blog, présentation oblige. Enfin non d'ailleurs je pourrais très bien ne pas la faire. (:
Ouais, la flemme. En plus, en quoi le fait que je m'appelle Sophie alias Angie, que j'ai 15 ans, que je vis à Angers, que je veux devenir réalisatrice, que j'adore la musique et la photo, que d'ailleurs j'ai un deviantart, que je suis un vrai petit c½ur d'artichaut incorrigible, que je suis schtroumpfophile et que mon ancien blog était celui-ci pourrait t'intéresser, HEIN ? :D


[ Chansons Amères » Incipit de roman écrit pour le cours de french.

« Tue-moi.
Embrasse-moi,
Aime-moi,
Oui mais tue-moi.

Tue-moi de tes mains
Elles que je caresse
Tue-moi avant demain
Tue-moi de tendresse

Tue-moi de tes yeux
Brûle-moi du regard
Tue-moi si tu me veux
Car je t'aime il est trop tard.

Vite, tu me meurs
Vite, incendie mon coeur
Lentement, ton poison dans mes veines,
Doucement, ton amour notre haine. »


. .Cela faisait maintenant six mois. Six longs mois à répeter ma complainte, assis sur un tabouret boiteux. Son image me hantait. L'image d'un visage que j'aimais.
Je ne sais plus si je te hais, mon amour. La rengaine d'une passion, refrain obsédant. Chanson amère, je t'aimais et je te hais tant.
. .Je l'avais rencontrée dans un cabaret. Je me rapelle encore aujourd'hui de ce moment à la perfection.
. .J'entrai dans la grande salle. Le parquet craquait sous mes pas, les rideaux étaient usés, mais il s'en dégageait une impression de majesté. Les lumières des projecteurs ne faisaient que révéler la laideur des viellards, mais elle donnait aux jeunes filles l'apparence d'une peau de perle. Je m'assis à une table et commandai une bière. Elle avait le mauvais goût de la solitude. Le vacarme ambiant était assourdissant, chaque mètre carré était empli d'hommes et femmes riant, en sueur, mais j'aimais ça. Ici, on pouvait prétendre à être heureux. Oublier l'espace d'un soir les tracas de la vie, boire jusqu'a tomber ivre mort, se réveiller dans les bras d'une femme bien trop maquillée qui vous appelle "mon chéri" , dans les draps miteux de l'hôtel voisin ou dans un calèche rouillé dont il vous faudra payer la note, bienvenue au cabaret.
Je venais souvent ici, mais je ne l'avais encore jamais remarqué. Sans doute était-elle nouvelle. Le pianiste finissait son verre goulûment. Il posa lentement ses doigts sur le piano, et comme animé soudainement d'un enthousiasme irréel, il se mit à jouer. Un air entraînant, un air de folie. Les notes s'enchaînaient, dans la plus grande indifférence des clients, à une vitesse effrénée. La folie de l'endroit se reflétait parfaitement dans cette musique. Les rideaux s'ouvrirent, et je te vis enfin. Toi. Ton joli minois chantant un vieil air de chanson française, de ton air candide, un sourire aux lèvres, ton sourire hypocrite, celui que tu garda toute ta vie.
]
Conventionnal stuff.

# Online seit Freitag, 01. Mai, 2009 um 11:52

Tu t'ennuies à ce point ? :)

Lettre d'un fou

. Est-ce que je suis fou ?
. Peut-être que non. C'est tellement prétentieux de se croire fou. Pour être fou il faut être extrêmement intelligent. Rendez-vous compte. Quelque soit votre pensée, vous faîtes toujours appel à votre logique. Essayez un instant de vous en passer. Impossible. Il faut être intelligent pour être fou. En fait, je suis peut-être un faux fou. Un intelligent, qui se croit fou, parce qu'il se croit capable de fuir la raison. C'est faux. Il me manque l'intelligence qui tue la raison. En même temps, agir sans raison, est-ce intelligent ? Dans la mesure où ça peut permettre de troubler les autres, oui. Mais il faut avoir de l'ambition. Ça ne sert à rien, d'être fou. Peut-être juste à éviter la réalité ?
Mais soyons réalistes, bon dieu ! La réalité, elle vous rattrape toujours. Non, ce serait idiot de passer sa vie à la fuir. Il faut l'apprivoiser, la réalité. Savoir s'en échapper juste assez pour la surmonter. Il faut la dompter, en faire une esclave, la manipuler...
. Manipuler. Je passe mon temps à manipuler. Je te manipule toi, comme je vous manipule tous. Ou bien suis-je simplement con. J'aimerais pouvoir dire que je ne manipule pas ceux que j'aime. Mais c'est faux, faux, FAUX ! Je les manipule tous. Les bons comme ceux que je hais, ceux avec qui je ris comme ceux qui me font pleurer, tous autant qu'ils sont, je les manipule ! Et merde, voilà que je saigne encore. Je sens la raison qui s'écoule avec mon sang. Je ne suis qu'un pauvre fou. Un simple fou. Un fou sans raison, qui croit la posséder. Un fou.
J'ai un dilemme, vous savez ? Soit je continue de me croire fou sans savoir si je le suis vraiment, et dans mon monde, je continue de manipuler les gens. Dans mon monde, JE suis le maître. Si ça se trouve, dans la réalité, je ne suis qu'une pauvre merde. Peut-être bien.
C'est là qu'intervient la seconde proposition du dilemme : et si je décidais de me considérer comme « normal » ? Je sais bien qu'il n'y a pas de normalité – ce que j'entends par « normal » est « personne qui est considérée comme saine d'un point de vue objectif » ; et évidemment, de ce point de vue, la première solution me classe directement dans la catégorie des marginaux. Et si un jour je décide de me regarder dans une glace et je me rends compte que je ne suis rien ? Que ma bulle est percée, et que le monde autour de moi ne ressemble en rien à celui que je m'étais construit dans ma tête ? Que finalement, les gens ne dépendent pas de mon bon vouloir ? Que NON je ne suis pas capable de TOUS vous détruire ?
J'ai essayé, vous savez. Mais je finis toujours par en revenir au dilemme. Où s'arrête ma raison ? Est-ce qu'elle est aussi la cause de ma folie ? Sans folie ; pas de raison. Mais sans raison, pas de folie ! En fait, être quelqu'un d'équilibré ce serait peut-être avoir trouvé le dosage exact entre raison et folie. La balance dans laquelle la raison permet à la folie d'exister, et inversement, sans que les proportions changent indéfiniment. On peut être fou, dans le sens ou la folie est prédominante sur la raison, et le vivre très bien. On peut être raisonnable mais avoir un grain de folie.
Il faut que je trouve jusqu'à quel point je suis fou. J'ai besoin de tester mes limites.

Et merde, le sang coule encore. Est-ce que c'est de la raison ou de la folie qui part avec ?
Et merde, maintenant tout part avec. Mon esprit tout entier coule dans le mouchoir.
J'aurais pas dû, j'aurais pas dû. Mes yeux se ferment. Au revoir.

PS : J'ai réussi à vous faire lire toutes ces inepties ?
Je vous l'avait DIT, que je vous manipulais...

# Online seit Sonntag, 03. Mai, 2009 um 14:35

Geändert am Sonntag, 03. Mai, 2009 um 15:54

Double maléfique

Exemple de matin banal.

07:00 - Le réveil sonne. Dans un élan de courage, je me mets debout. J'articule des vagues sons pour saluer le bonjour à ma coloc'. Je pousse la porte en m'accrochant tellement pour ne pas tomber que je manque d'arracher la poignée. Je titube jusqu'au bout du couloir, la vision trouble, les cheveux en pétard, l'esprit embrumé d'un matin de cours.. Hier soir Val' s'est encore prise pour Chucky, nuit agitée.

07:15 - J'ai enfilé mes vêtements, vaguement tenté de faire quelque chose de la masse informe qui me sert de cheveux, pris mon sac, et maintenant je me dépêche de quitter la chambre, je voudrais pas louper les pains au chocolat.

07:40 - Morgane me fait judicieusement remarquer que nous sommes à la bourre. Je finis d'éponger le jus d'orange répandu sur mon plateau, attrape mon chapeau sur le coin de la chaise, speed jusqu'au tapis roulant, jetant au passage un regard à Croft, qui ne m'a pas vue, comme d'habitude. Mieux vaux, au fond.

07:43 - Je croise les mêmes gens que tous les matins, sur le chemin pour le boulevard Foch. Ces mêmes gens que depuis un an je croise 5 fois par semaine mais dont je ne connaîtrais jamais rien. Tout en râlant avec Morgane, j'aperçois un bus au fond de la rue. C'est sûrement le notre d'ailleurs. Comme tous les jours on l'a loupé à 1 minute près. Frustration habituelle de devoir attendre avec mon baggy traînant dans la pluie.

08:10 - J'arrive dans le couloir. Je fait la bise à quelques personnes puis me plante par terre, et ouvre le Courrier de l'Ouest, commençant à commenter l'horoscope d'aujourd'hui. Y'a encore des couples, toujours des couples. Ils sont beaux de bonheur, et c'est chiant. Oh et tiens voilà la Schtroumpfette et son copain. Et zou, ils me regardent encore bizarrement. Ils peuvent pas m'oublier 10 minutes ces deux-là ?
Ha, voilà, la prof arrive. Et c'est parti pour une journée de cours... ^^




De quoi vous parler ? De toute façon, peu lirons. C'est le week-end. Trois jours de glandouille, ou presque. Il faut absolument qu'on fasse ce découpage technique. On rame, mais on y arrivera. Ani Ohevet Otach finira bien par être bouclé. Tu écoutes quoi, là, tout de suite, maintenant ? Moi je remercie Marie-So de m'avoir fait découvrir CocoRosie. Finalement elle avait pas tort Momo, ça déprime un peu. C'est "mélancolique", qu'on disait... Mouais, n'empèche que ça suffit pour me foutre le mini-cafard. En plus je suis toute seule ce soir. Comme d'habitude remarque.
J'arrive toujours pas à débuter ma nouvelle. Les mots s'alignent pas, j'ai qu'un texte arraché d'une histoire inexistante. J'aimerais bien la finir pour lundi, mais bon... L'inspiration vient jamais au bon moment, c'est bien connu.
Et si j'arrêtais de raconter de la merde un peu ? :]

Night night sweetie.
++++

# Online seit Donnerstag, 07. Mai, 2009 um 13:43

Geändert am Sonntag, 17. Mai, 2009 um 06:46